Présentation

 

 

 

Tout mon travail, toutes mes heures solitaires ne répondent qu’à cela : tenter, désespérément, de comprendre un peu. Juste un rien. Une part d’humanité.

 

Parce qu’un jour, un petit matin de colère où une vague d’incompréhension s’est invitée, une exaspération, j’ai retiré un œil. Pour exprimer qu’il n’existe pas une seule vérité, un seul point de vue.

 

 

Alors je peins, compulsivement. Des « non visages », des attitudes, des groupes. Des présences, des absences, des ombres, ceux qui sont toujours au-dessus de nous. Et les autres, les petits. La réalité crue ne m’intéresse pas, j’y préfère la tache d’encre, le jeu de l’eau, la dilution. Le sobre, le trait. Et la liberté d’y voir peut-être encore plus loin.

 

J’utilise l’encre et le feutre comme support de contrastes. L’un joue ou subit l’eau, l’autre apporte des contours nets. Dans les deux cas, ils ne supportent ni l’un ni l’autre la préparation, le trait de crayon effaçable… ils se dessinent dans l’improvisation. A main levée.

 

Mon travail s’axe autour de thèmes, au gré des ondulations, des groupes mais on repère rapidement des visages récurrents, des ailes, des attitudes, toujours présentes de près ou de loin. La question reste toujours posée, elle ne cesse de m’interpeller.

 

Ainsi va la vie, dans le flot des encres diluées, les vagues s’installent, je vogue sur l’être humain, Adam et Eve s’invitent à danser, les ailes se déploient, les costumes s’alignent. Parfois un soupçon de nudité. Tout est suggéré mais rien n’est entièrement distribué.